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Concrètement, l’État britannique prit à sa charge le paiement aux propriétaires d’une indemnité qui était approximativement égale à la valeur de marché de leur stock d’esclaves. Des barèmes relativement sophistiqués furent établis en fonction de l’âge, du sexe et de la productivité des esclaves, afin que la compensation soit la plus juste et la plus exacte possible. Ce sont ainsi quelque 20 millions de livres sterling, soit environ 5 % du revenu national du Royaume-Uni de l’époque, qui ont été versés à 4 000 propriétaires d’esclaves. Si un gouvernement décidait aujourd’hui de consacrer à une telle politique une même proportion du revenu national britannique de 2018, alors il faudrait verser quelque 120 milliards d’euros, soit environ 30 millions d’euros en moyenne pour chacun des 4 000 propriétaires. On parle donc ici de très gros propriétaires, détenant souvent plusieurs centaines d’esclaves, parfois plusieurs milliers. Tout cela a été financé par une hausse correspondante de la dette publique, qui était elle-même payée par l’ensemble des contribuables britanniques, et en pratique principalement par les ménages modestes et moyens, compte tenu de la forte régressivité du système fiscal britannique de l’époque (à base principalement de taxes indirectes pesant sur la consommation et les échanges, comme la plupart des systèmes fiscaux jusqu’au XXe siècle). Pour fixer les ordres de grandeur, on peut aussi noter que la totalité des budgets publics consacrés aux écoles et à l’enseignement en général (tous niveaux confondus) ne dépassait pas 0,5 % du revenu national par an au Royaume-Uni au XIXe siècle. C’est donc l’équivalent de plus de dix années d’investissement éducatif qui a été distribué en argent public pour indemniser les propriétaires d’esclaves. La comparaison est d’autant plus frappante que le sous-investissement éducatif du pays est généralement considéré comme l’une des causes majeures du déclin britannique au XXe siècle13.
Capital Et Idéologie
Thomas Piketty
people have a complicated relationship with failure. Most of us fear it for ourselves, and for our kids. But we also know kids are supposed to learn from failure. So how do we find the sweet spot?
I’ve often thought that parents and schools overemphasize the value of having the right answers all the time. It seems to me that the best students in school tend to be the worst at learning from their mistakes, because they have been conditioned to associate mistakes with failure instead of opportunity. This is a major impediment to their progress. Intelligent people who embrace their mistakes and weaknesses substantially outperform their peers who have the same abilities but bigger ego barriers.
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